Poésie ininterrompue by Paul Éluard

By Paul Éluard

'Je sais parce que je le dis
Que mes désirs ont raison
Je ne veux pas que nous passions
À l. a. boue
Je veux que le soleil agisse
Sur nos douleurs qu'il nous anime
Vertigineusement
Je veux que nos mains et nos yeux
Reviennent de l'horreur ouvertes pures

Je sais parce que je le dis
Que ma colère a raison
Le ciel a été foulé los angeles chair de l'homme
A été mise en pièces
Glacée soumise dispersée
Je veux qu'on lui rende justice
Une justice sans pitié
Et que l'on frappe en plein visage les bourreaux
Les maîtres sans racines parmi nous

Je sais parce que je le dis
Que mon désespoir a tort
Il y a partout des ventres tendres
Pour inventer des hommes
Pareils à moi
Mon orgueil n'a pas tort
Le monde ancien ne peut me toucher je suis libre
Je ne suis pas un fils de roi je suis un homme
Debout qu'on a voulu abattre'

Le travail du poète, VII

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S.

Mais le reflet brouillé la vilaine blessure Du voyant dénaturé Vous acceptez j'accepte d'être infirme La même sueur baigne notre suicide Mes vieux amis 34 Vieux innocents et vieux coupables Dressés contre la solitude Où s'allume notre folie Où s'accuse notre impatience Nous ne sommes seuls qu'ensemble Nos amours se contredisent Nous exigeons tout de rien L'exception devient banale Mais notre douleur aussi Et notre déchéance Nous nous réveillons impurs Nous nous révélons obscurs Brutes mentales du chaos Vapeurs uniques de l'abîme Dans la basse région lyrique Où nous nous sommes réunis Mes vieux amis pour être séparés Pour être plus nombreux 35 Si nous montions d'un degré Sur des filles couronnées Une épave prend le large A l'orient de mon destin Aurai-je un frère demain Sur des ruines virginales Aux ailes de papillon Friandises de l'hiver Quand la mère joue la morte Sans passion et sans dégoût Une ruche couve lourde Dans une poche gluante Paume attachée à son bien Comme la cruche à son eau Et le printemps aux bourgeons Fer épousé par la forge Or maté en chambre forte Nue inverse rocher souple D'où rebondit la cascade Simulacre du sein Livré aux égoïstes Mais aussi le sein offert De l'image reconquise Plaisir complet plaisir austère Pommier noir aux pommes mûres Belle belle rôde et jouit Fluorescente dentelle Où l'éclair est une aiguille La pluie le fil L'aile gauche du cœur Se replie sur le cœur Je vois brûler l'eau pure et l'herbe du matin Je vais de fleur en fleur sur un corps auroral Midi qui dort je veux l'entourer de clameurs L'honorer dans son jour de senteurs de lueurs 37 Je ne me méfie plus je suis un fils de femme La vacance de l'homme et le temps bonifié La réplique grandiloquente Des étoiles minuscules Et nous montons Les derniers arguments du néant sont vaincus Et le dernier bourdonnement Des pas revenant sur eux-mêmes Peu à peu se décomposent Les alphabets ânonnés De l'histoire et des morales Et la syntaxe soumise Des souvenirs enseignés Et c'est très vite La liberté conquise La liberté feuille de mai Chauffée à blanc Et le feu aux nuages Et le feu aux oiseaux Et le feu dans les caves Et les hommes dehors Et les hommes partout Tenant toute la place Abattant les murailles Se partageant le pain Dévêtant le soleil S'embrassant sur le front 38 Habillant les orages Et s'embrassant les mains Faisant fleurir charnel Et le temps et l'espace Faisant chanter les verrous Et respirer les poitrines Les prunelles s'écarquillent Les cachettes se dévoilent La pauvreté rit aux larmes De ses chagrins ridicules Et minuit mûrit des fruits Et midi mûrit des lunes Tout se vide et se remplit Au rythme de l'infini Et disons la vérité La jeunesse est un trésor La vieillesse est un trésor L'océan est un trésor Et la terre est une mine L'hiver est une fourrure L'été une boisson fraîche Et l'automne un lait d'accueil Quant au printemps c'est l'aube Et la bouche c'est l'aube Et les yeux immortels Ont la forme de tout 39 Nous deux toi toute nue Moi tel que j'ai vécu Toi la source du sang Et moi les mains ouvertes Comme des yeux Nous deux la vie A nous ne vivons que pour être fidèles Moralité du sommeil Cordes des distances cordes des lueurs Cordes d'espérance jetées aux absents La paresse des enfants La fleur son éternité La tempête sa puissance Les conquêtes du beau temps La femme son chemin partout La femme flamme de nature Tissant la trame du soleil Et s'exaltant pour m'exalter Entre les horizons volages Qui font et défont sa beauté La forêt couvre ses épaules Sa chevelure silencieuse D'un seul bruit d'ailes d'un seul chant Moisson d 'espace Mais tout se noue en mon domaine Pour mieux m'incliner m'humilier 43 La joie la clarté convulsées Perdent leur éclat leur fraîcheur Ma souffrance devient visible Bagarre effrénée sur l'estrade Visage de crin flambant noir Odeur de suie plafond de poix Ours démuselé panthère traquée Crépuscule de la fureur Les cages vides sont fermées Une chèvre aride au ciel étoilé Vieillit en calculant son âge L'après-midi fut de brindilles De façons d' être coutumières Une étreinte de mains chétives Dix doigts d'images vacillantes Voilés de molles bagues blanches Ainsi mon délire ainsi mon"- désastre Ainsi mes forces écroulées Un rire roulis Que le jeu ramène sur la table douce De tes seins légers Nuit de neige nuit vague Sur un pont tremblant le sommeil Fripe la chemise du temps La vie Et la courbe de ta poitrine La retient au bord d'un abîme 44 * Les grilles sont tendues mes liens font leur travail Tes boucles la douleur de couper la plus sombre Je cisaillerai les ténèbres De ma chambre qui rétrécit Pourrai-je briser le sol qui m'entoure Retrouver les détails la marche chaque pas La source blême ou radieuse La rivière la tête haute Le pont léger Un courant l'océan La chair démesurée ouverte L'écran éclaté du ciel Le fruit le souffie la santé D'un corps qui ne s'usera pas Miroir la mare nuptiale Cœur en commun de l' apparence Mes paupières mon front écailles du désir Portent encore mon innocence La flore est sur la fleur Je suis sur l'eau j'envahis l'eau Je règle les rives désertes J'aurai des nouvelles de toi Si je pénètre le soleil 45 * Je ne suis plus le miroir Où pour la première fois Sans ombre tu te parlas Ravie d'avoir enfin un compagnon limpide Tu crus qu'il te parlait il jeta un grand cri Et tu t'éveillas en sursaut Ton ombre reprenait le chemin de ton corps Les portes se fermaient La vitre tombait dans l'oubli Le portrait s'effaçait sous tes gestes serrés Et le soir distribuait les rôles Un pain à celui-ci à tous les autres un pain Pâture moindre mal D'une tour attardée s'élève un feu mourant D'une autre tour déjà passée Glisse le dur éperon d'une seule �aresse .

Obéissance barrage Aventures désolantes Simulacres trésors gâchés Sur l'autel des mirages Dans des linges ternis par les pleurs inutiles L'ennui triomphait des couleurs * La mort inscrite au flanc un vagabond naissait La boue le four à chaux les trottoirs diminués Les loques j 'ai compris leur défnition Entre tous les vivants j e n'en ai pas de proches La paume creuse comme un volcan Les yeux faits aux crachats des pitiés et des haines Je ne j oue qu'à mourir à nier et j'adhère A l'argile aux cailloux pointus Aux retraites de cendre au chaos d'os brisés Du plus certain des abandons A la mosaïque brouillée De la dernière des vertus Désordre dérisoire J'ai déjoué les pièges Les morts ne dorment pas Ils ne reflètent rien Et ni l'eau ni le vent ni le soleil ni l'aube Ne peuvent les distraire Je vois la ville de ton rêve Que tu seras seule à peupler Du tourbillon de ta beauté Refus rupture 47 Le travail du poète à Guillevic.

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